Faire École est une construction née d’un désir de psychanalyste. Cette construction est nourrie par l’éthique du psychanalyste de transmettre la psychanalyse auprès de celles et ceux qui souhaitent occuper cette position. Cette formation, rigoureuse et exigeante, repose sur une articulation entre psychanalyse personnelle, pratique clinique et études théoriques.
Si cette articulation théorico-clinique constitue le fondement de la formation, la psychanalyse didactique et les critères d’autorisation à se dire psychanalyste ont fait l’objet de vifs débats au cours de l’histoire de la discipline. En 1910* puis en 1925**, Sigmund Freud souligne la nécessité de se soumettre à l’analyse pour celui qui souhaite devenir analyste, sa proposition ne fait pas consensus. En 1967, Jacques Lacan se saisit du sujet de la formation de l’analyste et propose le dispositif de la passe***. Il reconnaitra l’échec de ce dispositif peu avant sa mort****, laissant à ses successeurs le soin de tirer un enseignement des écueils du passé.
L’existence de multiples Écoles de psychanalyse et leurs différentes positions autour du cadre de la passe et de l’analyse didactique indiquent une difficulté à rassembler une conception claire de la formation du psychanalyste. Pour faire École, le psychanalyste Fernando de Amorim propose un nouveau dispositif de la passe et une psychanalyse sans fin***** pour le psychanalyste, tant qu’il occupe cette position. Quels arguments soutiennent ces propositions qui structurent le RPH-École de psychanalyse ?
Pour un dialogue entre Écoles, ce Le colloque propose de mettre au travail la formation du psychanalyste. Qu’est-ce qu’un psychanalyste aujourd’hui et comment construire cette position ? Quelles sont les visées d’une École de psychanalyse ? Comment élaborer ensemble une proposition claire quant à la formation et la position de psychanalyste, alliant rigueur, éthique et scientificité ?
Amis de la psychanalyse, psychanalystes, analystes, cliniciens et étudiants intéressés par la formation du psychanalyste, votre présence est vivement souhaitée afin de travailler ce qui fonde la formation du psychanalyste et interroger le désir nécessaire pour faire École.
* Freud, S. (1910). « Les chances d’avenir de la thérapie psychanalytique », in Œuvres complètes, Vol. X, Paris, PUF, 1993, p. 67.
** Freud, S. (1926). « La question de l’analyse profane », in Œuvres Complètes, Vol. XVIII, Paris, PUF, 2015, pp. 1 97.
*** Lacan, J. (1967). « Proposition du 9 octobre 1967 sur le psychanalyste de l’École », in Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 255.
**** Assises de l’École freudienne de Paris : « L’expérience de la passe », Deauville. Parue dans les Lettres de l’École, 1978, n° 23, pp. 180-181.
***** Amorim (de), F. (Dir). « La formation du psychanalyste » in Manuel de psychanalyse, Paris, RPH Éditions, 2021, pp. 29-36.
25 rue des Jeûneurs
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France