La dimension culturelle du Japon pèse sur ce drame d’infanticide et en fausse quelque part notre perception « occidentale » rationnelle. Mais et c’est un paradoxe, du fait de son « étrangeté » même elle vient nous cogner au réel de l’a-chose via une rencontre matinée de « l’inquiétante familiarité » dont parle Freud.Du coup cette différence reste marginale et n’interdit en rien d’en saisir la structure psychique universelle de l’espèce humaine.
Ce qui s’entend dans ce qui fait lien entre mère et fille - il s’agit dans cette série de relations mère / fille - nous renvoie à ce que Lacan nomme « Le ravage » :
« Le fait du ravage qu’est chez la femme, pour la plupart, le rapport à sa mère, d’où elle semble bien attendre comme femme plus de substance que de son père,-ce qui ne va pas avec lui étant second, dans ce ravage » (1)
Ce qui ne passe pas dans la transmission entre mère et fille sous le surmoi de l’identification phallique ( qu’elle relève de l’intime, de l’extime, qu’elle soit d’ordre psychique, sociale et/ou culturelle ) revient au fond dans le réel par un effet de forclusion ouvrant au pire ( dans la série, le passage à l’acte infanticide réel ou fantasmé ).
Les pères encensés dans ce Japon patriarcal n’en sont pas moins absents. Marionnettes d’un ordre symbolique que les « belle mères » toutes phalliques ( des mères tirant littéralement les ..fils ) manipulent à dessein d’éducation faisant école :
Le ravage lacanien est nom de ce réel.
Reste quelque représentant faisant exception à la règle commune comme celle du juge / homme ( « L’au moins-un » des formules de la sexuation de Lacan ? ) pour faire coupure sérielle à l’aune de « Qu’on dise reste oublié derrière ce qui se dit dans ce qui s’entend » (2) et ainsi sauver ce qui peut l’être comme on dit ou plutôt un «manque à être » :
La singularité de quelques meubles dans la pente d’une maison en feu.
(1) Jacques Lacan, L’Etourdit, Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, page 465
(2) Idem, op.cit., page 449
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