Le 17 avril 1975, le Cambodge devient le Kampuchea démocratique, le krama, foulard traditionnel, est adopté comme insigne par les Khmers rouges et « le langage de tuerie », comme le dit Duch, directeur du centre d'exécution S.21, œuvre à la destruction du pays. L'auteure est psychanalyste, et c'est avec la psychanalyse qu'elle aborde trois questions essentielles : comment la désubjectivation et la déshumanisation ont été agies pendant un peu moins de quatre ans, quels sont les mécanismes et les effets de Yomerta apposée sur ces événements, effacement qui a empêché jusqu'à il y a peu tout travail de mémoire et d'appropriation de l'histoire, et quelles en sont les conséquences pour le Cambodge actuel.
Ce livre est tout autant un livre de psychanalyse, du fait de l'importance du corpus psychanalytique traversé de façon très précise, qu'un livre qui traite de la question des génocides et des trauma-tismes engendrés; à ce titre, il est d'une actualité brûlante, et s'il parle ici du Cambodge, les questions abordées et leurs développements résonnent avec notre actualité, et leclairent.
Préface d'Isabelle Morin et postface de Marie-Jean Sauret,
psychanalystes et auteurs.
En extension est une collection destinée à accueillir des livres qui, bien que n'étant pas strictement des livres de psychanalyse, contribuent par leur thématique, leur contenu et leur forme au maintien et à l'avancée du discours psychanalytique.