Dans une correspondance publiée sur le site http://www.oedipe.org/ - Œdipe- Le Portail de la Psychanalyse Francophone entre Mme Roudinesco et Mr Pignarre, ce dernier reprend les termes de son article du 16 septembre dans "Le Monde", persiste et signe. Il juge que la psychanalyse doit rendre des comptes sur trois entités qui n'ont en commun que le flou le plus complet s'agissant de leur caractérisation clinique. Croit-il qu'en circulant autour d'un petit carré il cesse de tourner en rond ?

S'agissant des toxicomanies Monsieur Pignare croit pouvoir continuer à jouer sur du velours comme il lui plaît. Si peu de psychanalystes connaissent le dispositif spécialisé de soins en toxicomanie qu'il est aisé de dire n'importe quoi sur leur rôle à ce sujet! Et si peu d'intervenants en toxicomanie s'intéressent à la psychanalyse, la place forte de Reims excepté et quelques CSST disséminés, qu'il était à peu prés assuré de son impunité en écrivant n'importe quoi sur un site qui est dédié à la psychanalyse. Seulement voilà : il arrive que l'on puisse être psychanalyste et fort bien connaître le petit monde du soin spécialisé en toxicomanie. Aïe! Hé oui c'est rare mais cela existe!

De quelle "association de thérapeutes" qui aurait voulu entraver ses desseins Mr Pignarre parle-t-il ? Celle qui est la plus représentative du dispositif spécialisé est l'ANIT (Association Nationale des Intervenants en Toxicomanie). Dans les instances dirigeantes ne se trouvait qu'un seul psychanalyste, moi même! Les membres de l'ANIT sont éducateurs, assistants sociaux, infirmiers, psychologues etc. La plupart de leurs représentants sont des directeurs de structures associatives et des médecins qui n'ont jamais fait un secret de leur réserve voire de leur méfiance à l'égard de la psychanalyse. Pas au point d'en faire un motif d'exclusion! L'ANIT a eu et a encore le mérite de structurer un dispositif compliqué et de veiller à contrecarrer des dérives inquiétantes. Il lui revient une place indiscutable dans les négociations avec les pouvoirs publics et dans la formation des personnels (UFANIT). Mais ce n'est en rien une association de psychanalystes!

De même présenter le Pr. Claude Olivenstein comme un chantre et un protecteur de la psychanalyse est une telle ineptie que je soupçonne fort qu'il s'agit d'une pure provocation. Que C. Olivenstein ait toujours marqué un esprit de tolérance et qu'il ait admis à Marmottan quelques praticiens qui aient une formation psychanalytique est un fait, cela n'en fait pas en quoique ce soit un défenseur de la psychanalyse.

Par contre il est juste de rappeler l'action vigoureuse d'Olivenstein et de ses élèves et de rendre hommage à leur clairvoyance comme à leur courage. Car c'est bien lui, Claude Olivenstein qui a prôné, et quémandé au Ministère adéquat la mise en vente libre des seringues. Il a obtenu cela bien avant que Mme Coppel et Mr Pignarre ne songent même  à le demander et donc bien avant la création de l'association "Limiter la  casse". Mais ses fondateurs ont omis alors, en 1993, de  s'informer. Il y avait déjà un moment que l'affaire était réglée : voir à ce sujet le décret n°89-650  du 11 août 1989" autorisant la vente libre des seringues". Je crois que le Dr Michel Hautefeuille a également pris une part active à ce nécessaire combat et d'autres que j'oublie ou que je n'ai pas connus et qui me pardonneront de ne pas les nommer. En matière de toxicomanie ont toujours existé, faute d'une théorie solide et consistante, des oppositions essentiellement fictives montées et manipulées par des acteurs dont les intérêts semblent beaucoup plus orientés par les ornements du pouvoir ou du lucre que ceux des patients ou de la clinique. Ainsi de cette supercherie qui entretient cette idée qu'il y aurait d'acharnés partisans de l'abstinence opposés à de généreux et lucides partisans de la libéralité. Quel simplisme mensonger! Il y a des débats et des positions influencés par toutes sortes de paramètres : à commencer par les conditions d'écoute et d'intervention. Car est-il bien raisonnable d'attendre les mêmes constats, les mêmes élaborations critiques, les mêmes demandes de la part d'un éducateur de rue, d'un psychiatre en milieu carcéral, d'un psychologue de CSST, d'un médecin de ville, d'un psychanalyste, d'un policier, d'une infirmière? En tout cas il est inadmissible de faire porter aux psychanalystes ou aux intervenants en toxicomanie la moindre responsabilité dans la mort par overdose  d'héroïne : flirter avec le risque est une conduite de toujours. Les remèdes à ces comportements ne se trouvent pas dans des instruments sanitaires ou pharmaceutiques. Ajoutons qu'il n'existe aucune étude, en tout cas bien connue et publiée avec une publicité suffisante, pour comparer le nombre de décès causé par l'héroïne et celles qui sont dues aux associations de produits comme la méthadone, l'alcool, les benzodiazépines voire les buprénorphines. Ces appels à une sinistre comptabilité pour prouver les bienfaits d'une politique sont non seulement indécents mais sont encore absurdes. Le praticien de terrain ne s'amuse guère avec ces données là : il les côtoie. Cela l'oblige à une posture plus décente et plus modeste devant la mort. Ce ne sont pas des chiffres avec lesquels jongler mais des êtres qu'il a bien connus qui sont concernés par elle.

Mr Pignarre réinvente le monde. Il est vrai, encore une fois, que les psychanalystes immergés dans la planète "toxicomanie" sont rares : cela est compréhensible. L'éclectisme a du bon mais il est impossible à l'ensemble des praticiens d'être familiers de tous les désordres de toutes les formes d'existence de la subjectivité ou de son étiolement. Néanmoins Mr Pignarre sait-il que dés 1980 certains psychanalystes, se souciaient de prés de la question des addictions et que leur questionnement exigeant et leurs positions aujourd'hui encore demeurent à l'avant garde des pratiques ? On pourra se faire une idée de l'avancement exact de leurs positions en lisant par exemple l'entrevue que C. Melman et Patrick Petit avaient réalisée alors pour la revue "Autrement". Dés ce moment là aussi Patrick Petit avait organisé  avec J.L Chassaing et C. Dorgeuille les premières journées (AFI devenue ALI) sur la toxicomanie. Un peu plus tard eurent lieu des journées où intervenait M° Caballlero à la faculté de Nanterre. Elles portaient déjà sur le droit de la drogue et la  distribution médicalement assistée d'héroïne. Aujourd'hui le Dr Matiziac (Villeneuve St Georges) reste en pointe sur cette exigence. Où était donc Mr Pignarre ? Où était donc Mme Coppel ?

Dés 1992  le comité national d'éthique avait entériné le principe du traitement  à la méthadone pour les toxicomanes. Quand Mr Pignarre s'en est mêlé c'était quasiment acquis (il y avait cependant déjà depuis longtemps une autorisation à titre expérimental qui a permis au Dr Dugarin de prendre un précieux recul dont, hélas, il semble que l'on ne tienne peu compte). En 1995 un décret a paru qui autorisait  l'ensemble des centres à prescrire ce qui était interdit jusqu'alors. Dix ans après, aujourd'hui donc, pratiquement tous les  centres aptes à le faire (personnel médical etc.) délivrent  directement ou prescrivent, centre de Reims compris ( Hugo Freda) et centre  Marmottan ! Et Mr Pignarre, que fait-il pendant ce temps-là ?

Le travail auprès de personnes soufrant d'assuétudes est rendu ingrat par la labilité extrême, structurelle, des consultations. Cela ne met pas en cause les quelques milliers de travailleurs (les intervenants en toxicomanie qui d'ailleurs ne se reconnaissent pas tous sous cette appellation) qui dans des structures le plus souvent associatives et quelquefois publiques se coltinent au quotidien l'accueil, le soin et l'orientation de ces "Errants de la jouissance" (pour rappeler le livre de JP Winter "Les errants de la chair").

Parmi eux, il y en a fort peu qui soient psychanalystes ou même qui aient entrepris une analyse personnelle. De 1986 à 2001 j'ai fréquenté assidûment congrès et instances de ce dispositif. J'ai croisé et je me suis entretenu avec des centaines d'intervenants. Réduire le dispositif de soins spécialisés à la seule institution de Reims est une aberration. En déduire que les psychanalystes se sont opposé à la substitution ou à la vente libre de seringues une complète hérésie!

Quant à ce qu'il convient de penser de l'efficacité d'associations comme "Limiter la casse " on peut en avoir une idée en regardant le film que Louise Hogarth1 a réalisé en 2002 (cf. article cité). Il s'agit un documentaire sobre et inquiétant sur des pratiques favorisant la propagation du SIDA : "The Gift". Il précise, non sans rudesse, les enjeux d'une tyrannie renouvelée.

Des associations comme AIDES, ActUp ont plaidé, milité, informé afin d'éradiquer l'épidémie. Pourtant à Los Angelés se développent parmi des personnes, s'identifiant homosexuels (paraphrase qui veut indiquer que je ne tiens pas pour acquis qu'un trait "homosexuel", "joueur", "travailleur", "toxicomane" etc. vaille pour identité), des conduites qui en promeuvent l'extension.

En Europe aujourd'hui polémiques, procès et jurisprudence visent à mesurer la responsabilité de ceux qui n'indiquent pas qu'ils sont porteurs du virus à celles et ceux avec qui ils entretiennent des relations charnelles. De nombreuses femmes ont porté plainte en France pour avoir de ce fait été contaminées.

Rien de tel parmi ces nouveaux joueurs : les "barebackers" (bareback =abandon volontaire du port du préservatif). Des sites sur Internet ou des soirées favorisent les rencontres entre les Gift givers, porteurs du virus qui l'offrent aux Bug chasers, encore indemnes qui souhaitent en contractant la maladie atteindre l'épanouissement de leur sexualité... Une règle tacite prescrit de ne pas évoquer la séropositivité dans ces rondes de "L'amour et du hasard".

Bien entendu militants et médecins s'étonnent, s'indignent et se désolent de découvrir si mal récompensés les efforts qu'ils ont déployés. (cf. en annexe article de MJ Gros)

Mais le praticien ayant exercé auprès de toxicomanes ne voit là que la confirmation d'une donne qu'il connaît bien et qui d'emblée rendait sceptique devant les promesses préventives et curatives de la substitution de produits.

La clinique enseigne en effet qu'un sujet pris dans les rets d'une jouissance ordalique n'a que faire des prières, des injonctions, des objurgations, de la prévention. Pour lui, pour elle quelquefois, le plaisir ne vaut que d'être ultime. Soit lié, au moins par l'aléa, au risque d'en mourir.

En tout état de cause s'il y avait quelqu'un à saluer en matière de soins et de prévention ce serait d'abord Jean Carpentier qui s'est échiné durant des lustres à décaper la couche des préjugés et à encourager les médecins à prendre leur part dans la prise en charge.

Que dire de l'homosexualité? Mr Pignarre a beau jeu de convoquer les démêlés des psychiatres américains pour rendre compte de la pluralité et de la diversité de la psychanalyse dans le monde: il est certain que ce grand pays a le plus puissant haut parleur. Mais d'où tient-il que parler fort, c'est parler juste?

Le communautarisme2 prospère. Quand il s'agit de l'adhésion d'un groupe à une doctrine, à une pratique sportive à des traditions en voie disparition ou encore de la lutte pour la sauvegarde d'un territoire sauvage (forêt d'Amazonie) ou d'une langue cela se conçoit. Les membres de telles communautés peuvent se prévaloir d'une légitimité logique : un ensemble de particularités indissociables dont ils sont en quelque sorte les dépositaires ou les spécialistes. Mais il est d'autres formes de communautarisme dont le caractère artificiel et problématique est rarement relevé. Qu'en est-il notamment de la "communauté homosexuelle"? Est-ce qu'une telle locution recouvre une réalité saisissable et bien identifiable?

Les débats contemporains sur l'adoption, l'homoparentalité, le mariage, par leur existence même et par leur vivacité paraissent apporter une réponse. Quoi qu'il en soit des arguments et des opinions défendues, extrêmes et modérés s'entendent pour reconnaître du moins l'existence d'une modalité d'être : l'homosexualité.

N'est ce pas aller bien vite en besogne? Nous pouvons bien sûr alléguer une position fréquente mais qui est essentiellement déclarative : soit la revendication "d'être homosexuel". Mais cela suffit-il à justifier l'appartenance à un groupe homogène? Pour le dire autrement, l'homosexualité peut-elle être reconnue comme un trait identificatoire?

En effet il en va de l'attrait éprouvé pour une personne du même genre que soi comme de toutes les autres particularités de la sexualité humaine. Une variabilité dont l'extension ne s'arrête même pas à l'individu. Puisqu'il n'est pas rare qu'une même personne à une époque donnée de sa vie connaisse des orientations multiples de son désir ou encore que ses inclinations varient au cours de son existence. Pourquoi alors singulariser (et stigmatiser) dans la communauté humaine un groupe dont la caractéristique serait l'attirance pour un semblable plus semblable que les autres? Curieusement le culte de l'individualisme, qui aujourd'hui encourage des spectacles en tous points indécents comme "C'est mon choix", est bien fait pour entretenir de spécieuses reconnaissances identitaires. L'impudeur pour promouvoir un style d'existence ne s'arrête devant aucune provocation et l'instrumentalisation de la mort peut en être le point d'orgue, par exemple en élevant des hommages injustifiés aux malheureuses victimes d'un virus. Il n'y a pas de maladie honteuse, il n'en est pas non plus de glorieuse. Vérifier "à la télé" qu'un autre partage le même goût que vous représente bien sûr un tremplin formidable pour accéder à ces formes de satisfaction grégaires que sont les communautarismes.

Les décisions en matière de politique au sens le plus noble de ce terme sont fatalement influencées par ce qui est reçu par l'opinion publique comme une évidence. Il en va ainsi de la réduction regrettable de la complexité de sujets forts différents à un trait de leur comportement plus ou moins constant, plus ou moins bien accepté et dont l'importance à leurs propres yeux est aussi fort variable. Reconnaître l'homosexualité comme un genre peut avoir pour conséquence des modifications législatives précipitées.

Que des désignations comme gay, homo, pédé, soient revendiquées au titre de protestation, de revendication d'affirmation d'un choix peut s'entendre aisément. Il est compréhensible que des humiliations, des rejets puissent décider à mener une lutte ou de semblables désignations seront autant d'oriflammes.

Mais cela peut aussi encourager une inquiétante discrimination qui si elle apporte quelques avantages aujourd'hui à ceux qui s'en réclament pourrait bien leur valoir demain des infamies dont l'histoire n'est pas avare.

L'humain multiple et complexe et dont la parade sexuelle est à nulle autre pareille mérite-t-il d'être réduit à un trait comportemental? Je rejoins en tout cas tel écrivain qui ne cachant pas l'orientation de ses goûts ne jugeait pas utile d'en faire étalage, et condamnait une désignation appauvrissante de la personne. Ni fier, ni honteux il plaidait pour la reconnaissance des personnes au titre de leur engagement dans la vie de la cité qui ne convoque en rien l'intimité de leur moeurs.

L'homosexualité, comme l'hétérosexualité d'ailleurs, s'avèrent, du fait de leur trop fréquente instrumentalisation, des vocables dangereux. Ils favorisent le déploiement de bannières qui ravalent les individus en leur appliquant une subjectivité d'emprunt rétrécie, dérisoire et factice. L'unanimité de la condamnation des pédophiles ne pose pas moins de problèmes. Est-il acceptable de les constituer en classe? Cette attirance est loin d'aboutir toujours à des actes criminels. Surtout les fantasmes qui se développent à la faveur de cette focalisation conjuratoire engendrent des comportements de suspicion. Ainsi de ces pères de famille à qui le médecin demandera s'ils s'occupent de la toilette de leurs enfants... Il y a lieu, comme le fit Freud, de prendre la défense de tous ceux qui sont victimes d'un ostracisme haineux parce que leurs goûts, leurs appartenance religieuse, leur particularité anatomique ou culturelle, leurs choix de vie ne flattent pas les exigences de la culture d'une société et de ses préjugés.

Mais n'importe quel comportement peut donner lieu à un prosélytisme qui profite d'abord à ceux qui assurent leurs affaires ou leur pouvoir sur lui. Et cela peut-être aussi vrai d'une certaine culture de l'homosexualité que de celle du pavot et de ses dérivés.

Pour finir je laisserai le soin à un collègue, mieux averti que je ne le suis, le soin d'expliquer à Mr Pignarre que l'autisme n'est pas une affaire simple. Que sous un même vocable et parfois des expressions symptomatiques proches se dissimulent des tableaux et des étiologies fort différentes. Je lui ai déjà demandé s'il contestait l'origine déficitaire de l'environnement langagier dans le syndrome de Spitz mais il ne juge pas utile de répondre...Et qu'est ce que cette affaire de "mères froides" montée en épingle? Ne s'est on pas avisé bien au contraire de l'effet psychosant de mères trop en adéquation avec les besoins de leur enfant (Winnicott)? Au point que ne puisse s'inscrire cette faille indispensable à l'émergence du désir et donc du langage? Qu'il ne soit pas opportun d'expliquer ainsi tout syndrome autistique va de soi. Qui le conteste?

Contrairement à ce qu'il affirme il arrive que les psychanalystes s'engagent au delà de leurs désaccords. Par exemple, pour tâcher de répondre au défi que nous posent ces formes gravissimes de rupture, C. Melman, a crée avec des psychanalystes d'écoles fort diverses PréAut (Association de prévention de l'autisme).

Ce serait faire beaucoup d'honneur à Mr Pignarre que poursuivre le commentaire de sa correspondance. Il semble avoir du mal à saisir qu'une même discipline puisse abriter des théories distinctes et des positions variées. On se souvient de l'argumentation de Karl Poppers qui permet de trier les théories à prétention scientifique selon qu'elles supportent l'objection ou non. Appliquée à la psychanalyse cette intéressante logique n'est soutenable qu'à la supposer UNE. C'est le plus remarquable des traits que l'on retrouve parmi toutes les attaques dont elle est l'objet. Pourtant la psychanalyse n'est pas moins multiple que ne l'est l'astrophysique? Postulats, hypothèses, et même appareils d'expérimentation ou de validation divergent assez pour dessiner des espaces doctrinaux et des théories distinctes. Cela n'empêche pas de s'entendre sur des faits essentiels.

L'intérêt des adversaires de la psychanalyse à la désigner comme unitaire est évident. Cela permet de passer sur toutes les difficultés qui surgissent forcément dans les plaidoyers à charge quand les mêmes arguments ne sauraient être opposés à des théories divergentes.

Surtout il est ainsi facile de la constituer comme ennemi contre lequel les manchettes, couvertures alléchantes et autres appels s'empresseront de mettre en garde.

C'est pourquoi Mr Pignarre somme les psychanalystes de répondre d'une seule voix.

Faut-il leur en vouloir de résister à s'exclamer en choeur : mea culpa, mea maxima culpa ?

  • 1.

    «Les homos ont baissé les bras» Par Marie-Joëlle GROS

    samedi 25 juin 2005 (Libération - 06:00)

    Didier Lestrade, fondateur d'Act Up, n'a plus été prophète en sa communauté lorsqu'il a commencé à dénoncer le relapse et à s'en prendre aux barebackers. Ce qui se passe actuellement en est pour lui l'avatar. «Qu'on le veuille ou non, le sida a marqué l'identité des homosexuels. Maintenant, ce qui les marque c'est le fait pour certains d'avoir baissé les bras et de se comporter comme des porcs.» Personne n'ose plus vraiment le contredire aujourd'hui sur le constat qu'il tire : l'abandon du préservatif et donc l'échec de la prévention divise la communauté, les couples et détruit la confiance. «Avant, il y a dix ans, c'est la maladie qui séparait les gens. Maintenant c'est le comportement. Les gays qui se contaminent vont développer une énorme culpabilité, car c'est de l'ordre du choix. Quel est le séronégatif qui voudra tomber amoureux d'eux ?» Les évolutions qu'il dénonce, «cette façon de se dénigrer qu'ont les pédés, "je suis une pompe à jus, un trou à remplir", cette incapacité à fidéliser une relation, même pour les mecs planants, à construire du sentimental», font mouche. C'est lui qui a permis la diffusion du film américain The Gift («le cadeau», c'est-à-dire le virus, en DVD chez MK2) sur les barebackers, documentaire qui a eu plus d'impact en France que les rares campagnes de prévention.)

  • 2.

    Alain Gérard Slama proposait une heureuse précision récemment sur France Culture : Il n'est pas question, disait-il en substance, de contester l'existence de communautés. Mais le communautarisme est autre chose : c'est l'institution communautaire.